La vie quotidienne : entraînement ou surentraînement ?

« Soignez votre récupération ! On progresse en se reposant, lorsque le corps prend le temps de se réparer, il sera plus fort après les micro-lésions provoquées par la pratique sportive. Si vous négligez cette étape clé, vous basculez rapidement dans le surentraînement ».

Bien-sûr, je suis adepte de ce concept et je transmets volontiers ce message lors de mes séances. Cependant, je croise beaucoup de d’aquabikers qui travaillent énormément et qui ont une vie professionnelle et familiale intense. Bon nombre d’entre eux témoignent que l’énergie déployée dans leur vie quotidienne constitue un véritable entraînement physique et mental pour leur prestation athlétique.

Avoir un enfant amène son lot de questions, dont la gestion de sa vie professionnelle, familiale et personnelle. Choisir ou concilier les trois : un choix complexe.

Trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale

Après la naissance de votre petit, certains voudront retrouver une activité professionnelle, car elle vous apporte une satisfaction personnelle. Vous avez parfois peur de faire un choix : sacrifier votre vie familiale au détriment de votre carrière ou inversement. Renoncer à l’un des deux génère chez les parents une certaine frustration. Votre épanouissement personnel passe alors par la conciliation des deux. Maman Poule témoigne sur les raisons et la joie de retrouver son travail après 8 mois d’arrêt pour s’occuper de son enfant : « J’aime mon fils infiniment, mais j’ai besoin de retrouver une vie sociale. Parfois […], j’ai le sentiment d’être bien plus fatiguée d’avoir passé une journée avec lui, qu’une journée au travail. »

Pour d’autres, c’est l’occasion de faire un « break » afin de profiter un maximum de temps avec leurs enfants.

Parfois le choix s’impose de lui-même : des mamans ou papas solos sont dans l’obligation de travailler pour subvenir financièrement aux besoins de leur(s) enfant(s).

De plus en plus de papas souhaitent prendre leur congé parental, pour s’impliquer davantage dans leur rôle de père. Cependant, beaucoup craignent d’être pénalisés ensuite dans leur carrière professionnelle. Un frein qui les poussent souvent à privilégier leur vie professionnelle. En France, la réforme sur le congé parental a été adopté par le Sénat, le 17 septembre dernier. Entre autre, le deuxième parent (souvent le père) pourra poser six mois de congés supplémentaires.

Mener une réflexion personnelle sur le sujet s’impose. Identifiez vos attentes, besoins, et vos priorités. L’important est de trouver un équilibre qui convienne à vous et votre famille.

Les Françaises peinent à concilier vie professionnelle et vie familiale

Les Françaises se préoccupent davantage de leur famille que de leur épanouissement personnel.

D’après une étude menée par Ipsos (juillet 2013) pour « Women Power and Money » :

-31% des Françaises ne voient pas d’inconvénient à faire passer leurs besoins avant ceux de leur famille (contre 75% pour les américaines, 58% pour les allemandes, et 95% pour les chinoises)

-Alors que 69% des françaises surinvestissent la sphère familiale au détriment de leur épanouissement personnel !

 

Concilier vie professionnelle et familiale : une attente majeure des parents, insuffisamment prise en compte par les entreprises

D’après une étude menée par l’UNAF et l’Observatoire de la Parentalité (avril 2013) :

-93% des parents salariés jugent que l’équilibre entre vie professionnelle et familiale est un sujet de préoccupation important.

-76% d’entre eux estiment que leur entreprise ne fait pas beaucoup de choses pour les aider.

 

En France comme à l’étranger : Concilier vie professionnelle et vie familiale est plus anxiogène pour les femmes que les hommes

D’après une étude américaine (août 2013) menée sur 500 familles :

-Les mères actives sont préoccupées pendant ¼ de leur temps d’éveil (ce qui est un peu près équivalent pour les hommes). Cependant, ces préoccupations n’ont pas d’impact sur les hommes, mais ont des effets négatifs sur le bien être des mamans. Selon les auteurs de l’étude, les attentes sociétales incitent les mères à répondre de manière disproportionnée aux aspects moins agréables liés aux questions familiales.

-Par ailleurs, l’étude révèle que 25 % des pères actifs sont préoccupés par leur travail en dehors des horaires contre 34 % des mamans actives. Cela s’explique par le fait qu’elles doivent généralement aménager leurs horaires de travail en fonction des besoins de la famille.

 

En 2008, pour favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale une initiative a été lancée : la Charte de la parentalité. Actuellement, plus de 400 entreprises ont signé cette charte pour favoriser la parentalité en entreprise. Leurs objectifs sont de réduire le stress chez les parents actifs, et diminuer leur absentéisme. Pour les aider à concilier les deux, des actions ont été mises en places : la suppression des réunions en fin de journée, la création de crèches d’entreprise, le télétravail…

Les 4 commandements pour réussir à concilier vie professionnelle, familiale et personnelle

1.Assumez votre choix : expliquez à vos enfants que vous aimez votre travail, et qu’il contribue également à votre bonheur. Ils ne pourront qu’être fiers de vous. Il n’est pas toujours facile d’en parler à ses supérieurs hiérarchiques, mais il important de leur faire connaitre vos intentions. Il est dans vos droits de prendre un congé parental et d’obtenir des aménagements horaires.

2.Organisez-vous : il est essentiel de définir votre propre cadre de travail. Celui-ci doit contribuer à votre propre équilibre, et votre bien être : certains vont vouloir se consacrer à leur travail toute la semaine pour être libre le week-end, alors que d’autres vont préférer faire des journées plus courtes mais rester continuellement connectés à leur entreprise.

S’organiser avec votre conjoint, et d’autres parents pour emmener et ramener vos enfants de l’école et des activités sportives vous sauvera de situations imprévues !

Si vous avez un poste à responsabilité, déléguer certaines tâches à vos collègues n’est pas de trop. Il sera plus facile pour vous d’être concentré sur chacune des tâches que vous réalisez.

3.Passez du temps avec vos enfants : la qualité prime sur la quantité ! Les séances d’aquacycling et/ou d’aquafitness peuvent être l’occasion de partager une activité en famille.

4.Prenez du temps pour vous : pour éviter le « burn-out », décompressez ! Réalisez une activité que vous affectionnez : faire de l’aquabiking, voir vos amis, …

Emmanuelle est secrétaire administrative. Mère de trois enfants de 9, 7 et 4 ans, elle n’a ni nounou ni femme de ménage. Et parvient malgré tout à s’organiser pour conserver du temps pour elle et pratiquer l’aquabiking. C’est d’ailleurs ces moments privilégiés qui lui permettent de faire face au quotidien.

L’expérience de Nicolas : « Si j’ai une compétition en période d’activité professionnelle éreintante, je ne suis pas anxieux mais j’insiste sur la récupération finale. Ce week-end là, je me couche tôt, je dors un peu plus que d’habitude. Le samedi, je traine à la maison. Je reste dans le bain à bouquiner. Je fais un jeu de société avec les enfants. Je mange équilibré. Je me laisse sombrer dans une petite sieste… Du coup le dimanche, je me sens très en forme et je fais souvent une grosse perf ! »

Alors, pas d’inquiétude ! Si la vie quotidienne favorise parfois le surentraînement, elle peut aussi participer à l’entraînement !

Par Stéphane CASCUA, médecin du sport

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