L’aquabiking est bénéfique pour le cœur même après 40 ans

Commencer un sport d’endurance après l’âge de 40 ans est-il aussi bénéfique pour le cœur que de l’avoir fait dès sa jeunesse ? En d’autres termes, est-il trop tard pour bien faire ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est la première fois qu’un laboratoire de physiologie du sport se penche sur cette question élémentaire.

A 40 ans, notre corps n’a plus la même résistance face à l’effort et aux traumatismes. Alors, avant de se lancer dans une activité sportive, mieux vaut prendre quelques précautions.

5 heures d’endurance par semaine

Faire au moins 5 heures d’endurance par semaine depuis plus de 5 ans se traduit par des performances cardiaques significativement améliorées.

« Il y a des travaux qui montrent le bénéfice de suivre un programme d’entraînement après 40 ans, que l’on soit en bonne santé ou non », explique David Matelot, chercheur au laboratoire de traitement du signal et de l’image de Rennes (unité Inserm 1099) où l’étude a été réalisée sous la houlette du Pr François Carré, professeur de physiologie cardiovasculaire. « Mais l’ennui, c’est qu’elle ne porte que sur quelques semaines ou quelques mois. Nous voulions savoir quel était l’effet sur plusieurs années ». Les résultats viennent d’être présentés au congrès de la société européenne de cardiologie à Amsterdam.

David Matelot et ses collègues de l’université de Rennes ont donc comparé les performances de 34 seniors non-fumeurs âgés de 55 à 70 ans avec des profils différents.

  • 10 n’avaient jamais fait plus de 2 heures par semaine au cours de leur vie d’un quelconque sport d’endurance relativement intense (au point d’avoir du mal à parler pendant l’effort).
  • 11 avaient commencé à en faire régulièrement après l’âge de 40 ans : au moins 5 heures par semaine et depuis un minimum de 5 années.
  • Même chose pour le troisième groupe qui avait commencé avant l’âge de 30 ans.

Les résultats ne montrent pas de différence, que l’on ait commencé avant 30 ans ou après 40 ans.

Bien sûr, les deux groupes de sportifs – précoces et tardifs – avaient un cœur en meilleur état et plus performant que celui des inactifs. Lorsque l’on examine un paramètre très prisé par les coachs sportifs et physiologistes du monde entier, la VO2 max, c’est-à-dire la mesure de la consommation maximale d’oxygène à l’effort, les sportifs font nettement mieux que les inactifs.

« C’est l’indice d’une bonne santé cardiologique, car pour avoir une bonne VO2 max, il faut que le cœur mais aussi les poumons, les muscles et l’oxygénation du sang fonctionnent bien », souligne David Matelot.

Même chose lorsque l’on regarde à l’échographie la façon dont le cœur se remplit puis se contracte. De plus, le cœur apparaît plus musclé chez ces sportifs âgés: « Il y a un remodelage naturel globalement bénéfique », ajoute-t-il.

Dix règles d’or

Dans les 10 règles d’or de la bonne pratique physique sur le plan cardiovasculaire, je rappelle qu’après 35 ans pour un homme et 45 ans pour une femme, un bilan médical est indispensable avant de reprendre une activité médicale intense.

Enfin, David Matelot souligne l’intérêt de commencer le sport le plus tôt possible et de continuer toute sa vie : « Au-delà de l’intérêt cardiovasculaire, il y a d’autres bénéfices, comme par exemple sur la densité osseuse, la masse musculaire ou le stress oxydatif ».

10 regles or

L’aquabiking pratiqué régulièrement

L’activité physique pratiquée régulièrement a des effets démontrés à court et moyen terme sur la fonction cardiaque !

A court terme

  • Une fréquence cardiaque moins élevée au repos et à l’effort : le cœur est moins sollicité.
  • Une pression artérielle moins haute : le travail que le cœur doit réaliser pour éjecter le sang vers les artères est moins important.
  • Une augmentation du volume de sang éjecté à chaque contraction, au repos et à l’effort

A moyen terme

  • Une force de contraction du cœur augmentée
  • Une consommation maximale d’oxygène plus élevée qui traduit une capacité cardio respiratoire de meilleure qualité.
  • Une augmentation de la capacité à réaliser un effort de courte durée sans oxygène.

Ces effets positifs se développent en quelques semaines mais à condition que la pratique soit réellement régulière c’est à dire sur la base d’au moins 3 fois par semaine durant pas moins de 30 minutes à chaque séance.

A l’inverse si vous arrêtez de pratiquer régulièrement les bienfaits de l’activité physique disparaissent en moyenne entre 3 à 6 semaines ! Les choses sont très variables d’un individu à l’autre.

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